Imprimer

Vol montagne, le Cervin vu par Régis

 Je voudrais vous faire part d’une petite partie de mon enthousiasme vécu lors d’un stage de vol montagne en septembre dernier (2010).

Petite partie seulement, car vous n’aurai pas l’ambiance, l’air frais et pur des montagnes, le son des cloches de vaches qui broutent à proximité de l’altisurface, le régime horloger du moteur du Mousquetaire, la concentration en finale pour respecter parfaitement le plan et la vitesse, l’œil rivé sur le badin à la rupture de pente, ne pas sortir de la plage de vitesse (ni trop, ni pas assez) et enfin l’arrondi au moteur en montée à 19%.

Je ne reviendrai pas souvent ici, donc je vais perdre mes acquis si je ne les entretiens pas régulièrement, une autorisation de site n’est valable que 6 mois, la qualif montagne n’a pas cette contrainte, mais ça demande trop d’heures d’entraînement……….Bref ! Tous les pilotes de plaine disent la même chose. Ne vous posez plus ces questions : faites-vous plaisir ! A minima vous y gagnerai la rigueur de pilotage et ça vous servira partout, en toutes circonstances, vous volerez ainsi plus en sécurité, c’est très bien pour vous et pour les autres, vous apprendrez à bichonner le moteur, en montagne, c’est forcément plus fragile, donc en plaine vous aurez de meilleurs réflexes, qui augmenteront la durée de vie de nos machines et épargneront certaines interventions du mécano et enfin………vous vous délecterez de paysages inoubliables, époustouflants, ou……...tout simplement beaux !! Personnellement, après être sorti de la Mer de glace, puis du glacier d’Argentière à 10000FT et à  50m de parois de 1100m de haut, fait 3 fois le tour du Cervin à 13800 FT à cheval entre la Suisse et l’Italie, m’être posé sur l’altisurface de Tignes à 8000FT sur une bande d’herbe de 370m à 14% ou terminer ces 10 jours par une 21ème finale à Courchevel…….je n’en suis pas encore revenu !!!

C’est vrai, dirons ceux qui me connaissent, je suis amoureux et pratiquant de la montagne (à pied et à ski) depuis longtemps, mais, même ! C’est quand même quelque chose qui sort de l’ordinaire d’y voler, pourtant je le savais et bien, non seulement c’est vrai, mais en plus je reste encore ébahi.

Allez ! On se fait une dernière arrivée à Courchevel ?

  • Reconnaissance
    • passage travers Lima (arrivée d’un télésiège) 7150FT : repère d’altitude si pas d’AFIS pour caler l’alti, configuration du Mousquetaire : volets 1 cran, vitesse 130 km/h
    • verticale à 7000FT au point haut du terrain (6583FT) : piste en bon état, pas d’avion sur la piste, vent (force, direction, en haut et en bas, 2 manches à air), le décollage est-il possible ? si oui, décision d’atterrir
  • éloignement (équivalent vent arrière) à 7000FT vers la vallée
  • base, vers un sommet voisin que l’on « rase » à 200m, puis dernier virage
  • finale : toujours en palier à 7000FT, on intercepte le plan (2 doigts entre le seuil de piste et le pare brise) et mise en descente à vitesse choisie selon la pente de la piste et le vent, en l’occurrence 120km/h  2 crans de volets, point de visée sous le seuil de piste (ce n’est pas le point d’aboutissement qui, lui, est forcément sur la piste)
  • rupture de pente en visuel du peigne de seuil, badin toujours 120 (remettre du moteur si ce n’est pas le cas)
  • arrondi, puis dès que le « Mouss » est posé et stable, lente réduction du moteur.
  • On remet des gaz pour finir de remonter la piste et sortir sur le parking : c’est le moteur qui vous tire, si tout s’est bien passé, donc très peu besoin des freins……

Avec 537m de long et 19%, pas de problème pour un Pilatus PC12, un TBM850 ou autres « turbos » du genre, en revanche si vous allez caresser les 280m d’herbe à Verbier (Suisse) à 15%, mieux vaut un « Mouss », avec lui vous posez partout, sur roues et skis…….

Cà ne vous fait pas envie ??

Allez sur le site vous comprendrez : http://www.aeroclub3vallees.com/

 

Régis Vircondelet