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Mbôté pilotes, mécano et autres membres du club
Quelques lignes pour continuer à vous décrire ce que je peux vivre en République Démocratique du Congo avec Aviation sans Frontières. Ici, tout va pour le mieux malgré une panne de démarreur sur notre turbine qui va clouer notre avion pour 3, 4 jours : et oui, dépanner un avion en brousse, c’est pas toujours facile surtout qu’en étant reconnue compagnie aérienne, nous devons justifier d’une maintenance JAR Part 145, entendez par là agréée par la DGAC. Ici, toutes les compagnies congolaises sont black-listées et quand on voit l’état des avions,on comprend pourquoi. Au fur et à mesure de mon périple, j’ai en effet réalisé qu’une partie de l’histoire aéronautique se retrouve dans ce pays : tous les avions en fin de vie se retrouvent à voler ici : acheter un Boeing 727 1 million de dollars au lieu des 40 qu’il coûtait à l’origine doit pouvoir vous faire comprendre pourquoi. Il est assez courant de voir sur le bord d’une piste ou sur un coin d’un tarmac une épave d’avion qui s’est écrasé ou qui a été abandonné : ça donne un certain charme et une confiance totale aux passagers. Les Nations Unis ont aussi une flotte (en bonne état pour le coup) d’avions très divers : Antonov, CRJ, Boeing ou encore Illouchine, Hercule (selon la nationalité des équipages la plupart du temps). |
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Le pays manque de moyen et malgré le fait que l’avion semble le moyen de transport le plus efficace permettant d’abréger un voyage de 3 semaines en pirogue en une heure de vol, les services sont très limités. Le service météo se résume à la visualisation d’une animation radar sur l’Afrique : ça peut néanmoins suffire à détecter ce qui reste de plus critique ici : des orages très violents souvent au sommet de leur forme en fin d’après-midi. D’où la nécessité de la présence à bord d’un radar météo nous indiquant la densité de pluie pouvant se trouver jusqu’à 40 Nm devant l’avion. D’autre part, aucun contrôleur ne dispose d’un radar en état de fonctionnement d’où la présence dans notre avion d’un TCAS, instrument utilisé par tous les avions de ligne qui détecte les autres avions étant munis d’un transpondeur et qui en signale la présence voir conseille une trajectoire pour éviter le conflit (instrument d’autant plus nécessaire que la grande majorité du pays est en auto information). |
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Ici, le GPS est notre meilleur ami : les VOR et les ADF ont fonctionné il y a quelques années il parait mais aujourd’hui pff !! Tel un cheminement le long de la Seine pour retrouver le terrain des Mureaux un jour de brouillard, on pourrait bien essayer cheminer le long du fleuve Congo qui traverse le pays d’Ouest en Est mais ici pas de cheminées de Porcheville ni d’autoroute A13 pour nous indiquer qu’on arrive, juste de la forêt et encore de la forêt. |

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Pour ce qui est des pistes de brousse, je crois que je ne pourrai jamais me lasser de poser le Caravan sur une piste en latérite de la largeur des roues en plein milieu de la forêt et donc enclavée par des arbres de 30 mètres de haut. Hier avant notre panne, nous avons par exemple été sur un terrain de brousse appelé Bondo déposer du fret pour ‘action contre la faim’ : résultat des courses, impossible de voir la piste en vent arrière à cause des arbres et une remise des gaz avec un passage bas sur l’axe pour essayer de faire fuir les quelques maigres vaches qui broutaient tranquillement leur foufou ; sans oublier l’épave d’un vieux Viscount le long de la piste qui s’y était écrasé il y a une quelques années (il a juste été poussé dans les arbres pour laisser la piste libre).
Voilà pour ce qui est de mes aventures avec ci-joint quelques photos qui pourront vous donner une vision de ce dont je parle. J’espère que les beaux jours arrivent à s’installer en France vous permettant de voler de plus en plus tard et de plus en plus loin.
Petit message personnel : John, tu vas me faire le plaisir de bosser un peu ton théorique mais continue à m’envoyer des fichiers aéro, that’s so nice. Un grand bravo à notre ami Laurent pour son PPL : ça fait vraiment plaisir ; d’ailleurs, pour tous les élèves avec qui j’ai eu la chance de voler, n’hésitez pas à me tenir au courant de vos lâchers, PPL…
A bientôt sur la fréquence
François Régis
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