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Un peu de temps et quelques heures de vols ont eu lieu depuis mes dernières nouvelles. Donc, je vais essayer de corriger tout ça par cette nouvelle lettre dont je vous souhaite bonne lecture. Tout d’abord, je vous souhaite de nouveau la bienvenue en République Démocratique du Congo, pays qui s’apprête à fêter ses 50 ans d’indépendance le 30 juin prochain (colonie belge de 1885 à 1960). |
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Nos cessna caravan œuvrent toujours efficacement dans le pays ; rustiques et solides, ils sont toujours aussi idéals pour les terrains de brousse que nous exploitons. L’une des particularités de cet avion est la possibilité d’utiliser un séparateur inertiel: il s’agit d’un gros clapet au niveau du côté droit de l’entrée d’air permettant de séparer par inertie les particules lourdes des particules légères afin de dépolluer l’air arrivant à la turbine de toute la poussière, gravillons ou toutes autres réjouissances pouvant se trouver sur une piste de brousse et qui feraient le bonheur du moteur et des mécaniciens. |
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Sinon, toujours autant de plaisir à piloter au dessus de cette immensité verte qu’est la forêt équatoriale fendue de part et d’autre par le fleuve Congo, source de vie du pays. Ce pays est si grand qu’il est très fréquent de voler durant plus de deux heures sans aucun contact radio, cela représente la distance entre les mureaux et marseille pour un ordre d’idée, essayez ça en France et on en reparle ! |
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Le pays est paradoxalement l’un des plus riches en terme de biodiversité et de ressources naturelles (diamants et cobalt notamment) mais l’un des dix pays les plus pauvres du monde. Sa désorganisation complète et son niveau de corruption est souvent un frein à notre bonne volonté : il n’est pas rare de mettre une heure pour déposer un plan de vol (contre quelques clics en France) et nous avons même été bloqué 3 jours par les autorités congolaises de l’aviation civile qui ne comprenait pas pourquoi notre avion n’était pas pourvu d’un APU (comique dans un sens, triste dans un autre). Vous savez, l’APU (auxiliary power unit) c’est cette tuyère que l’on retrouve généralement à l’arrière des fuselages des avions à réaction et qui permet de fournir l’énergie nécessaire au sol lorsque ces moteurs sont encore éteints. Nos ‘petits’ avions n’en n’ont donc jamais été équipées mais en réalité, toutes les excuses sont bonnes pour essayer d’extirper quelques dollars aux ‘mondele’ (blanc en lingala, la langue local). En fait, les congolais peuvent se montrer aussi adorables que détestables comme vous pouvez le voir dans cet exemple choisi parmi des dizaines.
Sinon, j’ai le plaisir de voler depuis quelques semaines à gauche puisque j’ai été lâché captain le mois dernier. En réalité, l’avion est monopilote et donc peut être piloté par un seul pilote mais au vue des conditions particulières d’exploitation et de la charge de travail, le programme alimentaire mondial, qui finance notre projet, nous impose de voler à deux pilotes, et c’est tant mieux. Me voilà donc commandant de bord ; ce qui en soit ne change pas grand chose en terme de pilotage mais se révèle très intéressant au niveau des prises de décision et de la gestion avec les autorités locales qui ma foi peuvent se révéler très compliquées à gérer comme vous avez pu le comprendre. Ce plaisir est encore plus grand que j’ai été rejoint lors de cette mission par un ami de promo, Joachim qui est entré chez ASF il y a 1 mois et qui est donc mon copilote. Juste pour l’anecdote, nous nous sommes rencontrés lors d’un stage de préparation au concours de l’ENAC en 2005. Parmi tous les autres candidats nous étions ce jour là les deux les plus à la ramasse … nous avons été finalement admis tous les deux et avons partagé toute la formation de pilote ensemble. Jamais on aurait parié se retrouver un jour sur le même avion au Congo. C’est très fort !
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J’ai l’autre jour eu une petite pensée aux pilotes de Roger Janin lorsque j’ai vu sur le site que l’approvisionnement en Avgass allait se révéler compliqué dans les mois qui viennent. Ici, l’approvisionnement en Jet A1 que l’on utilise sur caravan est simple ; par contre, se fournir en Avgass est une toute autre paire de manches puisqu’il faut transporter l’essence dans des bidons sur des barges le long du Congo pour l’amener sur la base de l’avion. |
ASF exploitant auparavant un Cessna 182 s’en souvient encore puisque le litre d’Avgass pouvait alors grimper jusqu’à 5 dollars et que les pilotes pouvaient se retrouver dans des situations d’avitaillement aussi singulières que l’avitaillement de notre voiture sur la photo ci-jointe et cette superbe station essence (autant dire que les avions pistons ne sont pas vraiment adaptés pour voler ici)
Voilà pour la suite de mes pérégrinations africaines et je voudrais juste conclure en précisant qu’ASF fête cette année ces 30 d’existence et que c’est grâce à la générosité des passionnés de l’aéronautique que l’association continue de pouvoir fonctionner dans ces différents domaines d’activité : missions avions en Afrique, accompagnement d’enfant malades ou encore acheminement de colis vers les pays en difficulté (grosse mission en Haïti après le tremblement de terre dernièrement) ; si ça vous intéresse, je vous invite à consulter le site : www.asf-fr.org.
Je crois que les beaux jours s’installent confortablement en France donc profitez bien de vos vols, en toute sécurité bien évidemment, les yeux dehors pour contempler le paysage et surveiller les autres avions très présents à cette période de l’année.
Rendez vous dans quelques semaines pour la suite des aventures congolaises,
Bons vols à tous
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