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Iles anglo-normandes

C’est à 7h30 par un beau ciel bleu et 12 ° que nous nous retrouvons à 7 pour aller rejoindre les îles anglo-normandes : Alderney et Guernesey.
(Le photographe est François)

Visualiser toutes les photos du voyage sur le site de Dominique

Il ya là Roger, Jacques, François, Dominique, André accompagnés par notre chef pilote Nicolas avec un jeune élève : Maxime 15 ans pour qui c’était son premier vrai voyage.

Chacun s’affaire à la météo, aux Notam, à nettoyer les avions, à préparer les gilets, à récupérer les cartes Vac ou autres pour la partie anglaise. Tout est au beau fixe : Cavok sur tout le trajet, pas de restrictions sauf pour Caen que nous avions prévu comme escale pour faire le plein, passer les formalités et déposer le plan de vol. Les pistes sont en réfection et nous avons opté pour Deauville.

Décollage en 10 du Cessna (Roméo – Juliette) suivi du Robin (Kilo – Kilo) et route directe sur Deauville. Même pas besoin de respecter les minima de Pontoise qui ne sont pas encore réveillés et nous montons de suite à 3000 pieds. Pas une turbulence, le vent nous pousse un peu et nous faisons avec le Cessna un bon 132 nœuds. Après avoir contacté Evreux et Rouen, contact avec Deauville.

François demande une approche directe, ayant appris par l’Atis que la piste en service était la 12 avec un vent quasiment nul. Autorisation accordée avec rappel au passage du VOR de Deauville. Dominique calcule la descente à 500 pieds/minute, soit 6 ‘ pour descendre de 3000 pieds. Arrivée tranquille avec le Robin qui nous suit de près. Dégagement rapide par la bretelle en herbe et il se pose pour nous rejoindre. Maxime a tenu sa place sur le trajet, accompagné par Nicolas.

Nous faisons le plein, déposons les plans de vol et nous apprêtons à repartir quand on nous indique que les douanes ne seront pas contentes si nous n’allons pas les voir, ce que nous nous empressons de faire. Contrôle des papiers en règle et valides.

Dominique et André ont pris les places que nous chérissons tous, celles de pilote. Dominique est assisté de Roger qui teste sa qualif d’anglais ainsi qu’André. Le temps est toujours de la partie malgré une brume sèche qui nous limite un peu pour les photos. Nous longeons la côte normande avec ses falaises, ses ports, les plages du débarquement. Un point avec le contrôle au passage de la Pointe du Hoc, connue pour sa difficulté à la conquérir lors du D-Day.

A l’arrivée sur le Cotentin, des cumulus sont formés assez bas et nous devons descendre aux environs de 1000 pieds en nous demandant ce qui nous attend de l’autre coté, sur l’Atlantique. C’est du tout bleu et nous passons sur les ondes anglaises. Surprise pour nos pilotes qui étrennent ces échanges avec la perfide Albion, celle-ci est plutôt sympa. Ils (ou elles, il y avait à peu près autant de contrôleuses que de contrôleur) articulent lentement pour nous, répètent, nous confirment que c’est “correct“. A notre grand étonnement, le contrôle de Jersey nous quitte alors que nous sommes pratiquement en base. Le vent est dans l’axe, assez fort (15-20 knts). Le contrôle nous demande de rester en dessous de 1000 pieds (la traversée doit se faire en dessous de 2000 pieds). En effet le plafond et bas mais les contrôleurs semblent bien connaître leur environnement climatique local. On se range sur l’herbe, on met les fixations.

L’aérodrome semble bien actif pour une si petite île. Plusieurs navettes (des Trilander ?) sont au parking.

C’est parti pour découvrir Alderney.

C’est une toute petite île qui se visite à pied sans problème. La traversée se fait à pied en 40mn, ce qui la rend idéale pour une courte escale. La ville touche l’aéroport et est composée de petites rues pavées avec des maisons très colorées dont certaines avec des bow-windows. Nous sommes bien en Angleterre. La monnaie est la Livre anglo-normande (différente de la Livre anglaise) et, bien sûr, ils n’acceptent pas les euros. La perfide Albion est bien là. La plupart des îliens que nous rencontrons semblent maîtriser le Français et sont contents de mettre leurs compétences linguistiques en avant pour nous renseigner. On nous regarde un peu curieusement mais avec amabilité, la saison touristique est passée. Apparemment la période la plus active est une semaine en été où a lieu un festival. Déjeuner dans un restaurant vers midi heure locale (ils sont à UTC + 1).

Nous continuons à déambuler vers le port qui jouxte une belle plage au creux de la baie. Cela semble tellement idyllique que Roger va piquer une tête. Il ressort vite vu le froid de l’eau. Remontée vers l’aéroport que certains feront en taxi (because les genoux de François). Ils en profitent pour déposer les plans de vol, qui comprennent un « touch and go » sur Guernesey, via un fax. La procédure est très simple et bien expliquée sur l’appareil. Après avoir envoyé le fax, nous utilisons un téléphone à disposition qui nous met directement en contact avec les organismes de contrôle qui approuvent notre vol.

C’est Roger qui reprend le manche avec un peu d’avance sur le plan de vol. Lors de l’essai moteur du Romeo Juliet, nous notons que l’alarme « low fuel » est allumée. L’indicateur de niveau d’essence montre que le l’aile droite est pleine et l’aile gauche presque vide. Nous avons remarqué que l’aire de parking était très inclinée à droite et que toute l’essence a dû se déverser dans une aile. Nous discutons des options, y compris de mettre la valve sur « right wing », mais l’indication « level flight only » nous en dissuade. Notre raisonnement final est qu’une fois les ailes à plat, les réservoirs vont s’équilibrer. Nous constatons effectivement ce rééquilibrage une minute après le décollage. Le transvasement complet prend une dizaine de minutes de plus encore.

Nous décollons sur la 08 avec un vent de 17 knts de face. Nous virons à droite et mettons le cap sur Guernesey en dessous de 2000 pieds. A l’arrivée au Nord Est de l’île, le contrôle nous met en circuit d’attente (« circle »). Autorisé touché sur la 09 sans encombre, nous survolons un car ferry qui paraît énorme par rapport à la taille de l’île. Cap sur la côte française en évitant le survol de l’île de Sark.

Le SIV de Deauville nous prend en charge tout du long, et nous demandons une finale au-dessus de la mer.

A nouveau douane, essence et pause à Deauville. Le retour se fait avec un survol de du « Champ de Bataille ». Le temps est très clair et les cheminées de Porcheville sont visibles à l’horizon.

Il est plus de 20h lorsque nous clôturons nos vols. Tout le monde est bien fatigué après plus de 5 heures de vols (on aurait presque pu faire un Paris New York) et pressé de rentrer. Mais l’atmosphère est celle d’un succès complet pour cette balade, et certains envisagent déjà la prochaine sortie.

François Boizot